À l’heure où l’on interroge ChatGPT sur des symptômes avant même d’ouvrir Doctolib, la question n’est plus de savoir si les patients s’informent, mais où ils le font et avec quelle fiabilité.
Entre IA générative, forums, stories Instagram et fiches Google, la santé s’est numérisée, parfois jusqu’à l’excès. Pourtant, dans ce brouhaha informationnel, la parole des professionnels reste attendue.
Mais tous ceux qui prennent la parole sur la santé n’ont pas les mêmes droits, ni les mêmes responsabilités.
Ce petit guide a pour objectif de vous éclairer sur qui peut dire quoi, et comment le faire sans trahir son éthique ni risquer de sanction.
Pourquoi tout le monde parle de communication santé
Le réflexe numérique a changé
Aujourd’hui, les patients n’ouvrent pas un dictionnaire médical.
Ils ouvrent Google, ChatGPT, Instagram ou YouTube.
Ils comparent, lisent, testent… et parfois, se perdent.
L’accès à l’information n’est plus le problème. Le tri de l’information, si.
L’IA générative ajoute un nouveau défi
Les outils comme ChatGPT ou Perplexity savent expliquer une pathologie en trois secondes.
Mais ils ne remplacent ni l’écoute, ni le contexte, ni la nuance.
Et surtout : ils ne sont pas responsables.
C’est ici que les soignants peuvent (et doivent) reprendre leur place : non pas comme concurrents du numérique, mais comme repères fiables dans un écosystème d’informations instables.
Ce qui change selon les profils
Les professionnels réglementés
Médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes :
- Droit à l’information (site, fiche, bio sobre)
- Interdiction stricte de publicité ou d’auto-promotion
- Contrôle déontologique élevé via leur Ordre
Paramédicaux (infirmiers, kinés, orthophonistes…) :
- Communication autorisée si informative et neutre
- Pas de promesse de résultat ni de publicité déguisée
- Cadre parfois plus souple, mais surveillé
Les praticiens en médecines non conventionnelles à visée thérapeuthique
Sophrologues, hypnothérapeutes, réflexologues, etc. :
- Liberté quasi totale de communication
- Aucun ordre = pas de contrôle formel
- Risque d’exercice illégal de la médecine si le discours est ambigu ou trompeur
Ce qu’on peut faire… ou pas
| Action | Médecin | Kiné / Infirmier | Sophrologue |
| Site internet informatif | Oui | Oui | Oui |
| Fiche Google My Business | Oui | Oui | Oui |
| Témoignages de patients | Non | Non | Oui |
| Réseaux sociaux | Oui (neutre) | Oui | Oui |
| Promesse de résultats | Interdit | Interdit | À éviter |
| Contenu éducatif (blog, vidéo…) | Oui | Oui | Oui |
Conseils pour bien communiquer en 2026
1. Soyez présent sur Internet
- Site web sobre et informatif
- Fiche Google à jour (mais sans mise en avant d’avis)
- Présentation claire de votre cadre, formation, spécialité
2. Soignez vos réseaux
- Posts pédagogiques et non promotionnels
- Pas de selfies en blouse ou de comparaisons avant/après
- Répondre sans s’improviser expert de tout
3. Respectez votre cadre déontologique
- Médecins : aucune publicité, même implicite
- Kinés/infirmiers : ton neutre, pas de commercial
- Praticiens en médecines non conventionnelles à visée thérapeutique : transparence sur vos limites (vous n’êtes pas médecin)
FAQ : Les questions fréquentes
Un psychologue peut-il avoir un compte Instagram ?
Oui, s’il reste sobre, informatif, sans promesse ni témoignage.
Et les avis clients sur Google ?
Ils peuvent apparaître, mais ne doivent pas être sollicités ni mis en avant si vous êtes un professionnel réglementé.
J’exerce deux métiers (ex : médecin + ostéopathe). Que faire ?
Appliquer la règle la plus stricte. En cas de doute, séparer les identités numériques.
Conclusion
Tous les professionnels ne jouent pas avec les mêmes cartes.
La bonne communication ne consiste pas à vendre, mais à transmettre des repères fiables, dans un monde où l’IA et les réseaux sociaux n’ont pas (encore) remplacé la relation de soin.