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L’éducation à la santé est-elle une forme de communication ?

20 janvier 2026

Pour beaucoup de structures de santé, l’éducation à la santé est un levier majeur pour informer, sensibiliser, prévenir.

Mais dès qu’on mentionne une structure, un logo, un professionnel… une question revient :
Est-ce encore de l’éducation, ou déjà de la communication ? Et surtout : comment éviter la frontière glissante avec la publicité ?

Dans cet article, nous vous aidons à faire le point.

Pourquoi cette question revient souvent ?

Dans les ateliers d’éducation à la santé, les professionnels agissent pour transmettre un savoir ou une pratique utile.
Mais dans les faits, leurs actions rendent aussi visibles des structures : maison de santé, CPTS, structure de coordination, centre spécialisé…

Et là, certains s’inquiètent :

  • Est-ce qu’on fait notre travail de prévention… ou de la pub pour nous ?
  • Peut-on afficher notre logo sans faire de promotion ?
  • Est-ce qu’on risque de déroger aux règles déontologiques ?

Ce flou est normal. Car éduquer, c’est forcément transmettre un message.
 Mais ce message peut et doit rester au service de la santé publique, pas d’un acteur en particulier.

Ce que dit le cadre déontologique

L’article R.4127-13 du Code de déontologie médicale est clair :

Le médecin qui participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire doit se garder de toute attitude publicitaire, personnelle ou en faveur d’un organisme.

Autrement dit :

  • On peut et on doit faire de l’éducation à la santé.
  • On ne peut pas en faire un outil de notoriété, d’attractivité, de différenciation.

Un exemple inspirant : les ateliers CRAtb

Le Centre Régional en Antibiothérapie (CRAtb) mène régulièrement des actions d’éducation à la santé, notamment lors de la Fête de la Science.

Objectif : faire comprendre l’intérêt d’un bon usage des antibiotiques, y compris auprès des enfants (ateliers ludiques, posters, vidéos).

L’approche est :

  • pédagogique (pas incitative),
  • co-animée avec des partenaires locaux,
  • sans mise en avant excessive de la structure,
  • orientée vers les bonnes pratiques de santé, pas vers un parcours institutionnel.

Résultat : on informe, on sensibilise, on agit… sans jamais se vendre.

Ce qu’il faut retenir : éduquer oui, promouvoir, non

L’éducation à la santé est une forme de communication.

Mais elle devient problématique quand elle cherche à :

  • valoriser une structure ou un professionnel,
  • attirer ou fidéliser des patients,
  • sortir du champ de l’intérêt général.

À faire / À éviter

À faire :

  • Formuler une intention claire (prévention, information neutre)
  • Utiliser des supports sobres, pédagogiques
  • Mentionner la structure organisatrice de façon discrète si nécessaire
  • Collaborer avec d’autres acteurs pour éviter l’entre-soi
  • Évaluer l’impact éducatif, pas l’attractivité

À éviter :

  • Mettre en avant le nom ou le logo de façon ostentatoire
  • Présenter les praticiens comme “experts” ou figures clés
  • Distribuer des supports centrés sur la structure elle-même
  • Faire de l’événement un levier de visibilité institutionnelle
  • Valoriser davantage l’image de la structure que le message de prévention

FAQ – Les questions des professionnels de santé

1. Peut-on considérer qu’une action d’éducation à la santé est une forme de communication ?

Oui, dans le sens où elle transmet un message et rend une action visible. Mais elle n’est pas promotionnelle si elle reste centrée sur l’intérêt général.

2. Est-ce problématique si les participants associent le contenu à la structure qui l’organise ?

Non, tant que cette association reste neutre et sans incitation. Cela peut même renforcer la confiance… à condition que ce ne soit pas un outil de captation.

3. Faut-il cacher le nom ou le logo de la structure pendant une action ?

Non. Ce n’est pas une question de camouflage, mais de posture : le nom peut apparaître sobrement, tant que le message est pédagogique et non institutionnel.

4. Peut-on valoriser ces actions dans un rapport d’activité ou sur un site web ?

Oui, c’est même recommandé pour documenter la mission de santé publique. Mais on valorise les résultats éducatifs, pas la notoriété de la structure.

5. Et si ces actions donnent envie à des publics de nous rejoindre ?

Ce n’est pas problématique en soi. Ce qui est interdit, c’est de provoquer cette envie par des messages incitatifs, des comparaisons, ou des slogans valorisants.

Conclusion

L’éducation à la santé n’est pas une opération marketing.
Mais elle communique un message.

Et c’est ce message, sa forme, son ton, son ancrage dans l’intérêt général, qui fait la différence entre une démarche de prévention… et une tentative de promotion.

Bien cadrée, une action éducative :

  • renforce l’autonomie des usagers,
  • crédibilise votre structure dans son rôle collectif,
  • et contribue pleinement à la mission de santé publique.

Trois actions à lancer cette semaine

  1. Faites un audit express : comment vos actions éducatives sont-elles perçues ? Quel message véhiculent-elles ?
  2. Rédigez un cadre interne clair : qui signe ? quels supports ? quelle posture adopter ?
  3. Créez un kit standardisé : supports validés, mentions autorisées, contact pour toute question déontologique.

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